Zooms sur... ?

- Abandon de notions fondamentales au PCF

 

vous aussi réagissez par email à contact

 

Demandez les !

Recevoir le Programme PRCF et le "Programme-candidat" chez vous...

email : cercle.lenine@alicepro.fr avec vos noms, prénoms et adresse postale

ou par téléphone : 03 21 45 41 88 

Concours

Recommander

Publicité

Pôle de Renaissance Communiste en France                                  
Lens-Paris, le 5 novembre 2006

Aux camarades des groupes communistes opposés à l’Union européenne de Maastricht (1)
URCF- Communistes (R. Perlican)- Gauche communiste- Coordination communiste du Nord- Coordination communiste de Haute-Savoie (pour info)- Appel des 41- Rouges vifs Marseille- Rouges vifs franciliens- AMC 17- AC 76- Sections communistes du PCF : Béziers, Paris XV- Combat- Communistes du Rhône

Chers camarades, 

Les prochaines présidentielles se présentent comme un piège politique tendu à notre peuple : alors que ce dernier a eu la force de refuser la constitution européenne parrainée par le PS, l’UDF et l’UMP, alors que la jeunesse et les salariés les plus combatifs ont balaye le CPE esclavagiste, tout est fait pour forcer les Français à « choisir » entre deux candidats maastrichtiens qui rivalisent de déclarations antisociales, anti-laïques, antisyndicales pendant que le gouvernement et le MEDEF harcèlent le monde du travail avec leurs contre-réformes… Ce deux candidats s’affichent pour l’atlantisme le plus plat et pour la sacro-sainte « construction européenne ». Et si cette bipolarisation forcée ne suffit pas à neutraliser l’aspiration à un changement progressiste, le fasciste Le Pen, flanqué de De Villiers, reste en embuscade pour dévoyer le mécontentement populaire vers ses « solutions » barbares.

Du côté de la gauche « alter-mondialiste » et « euro constructive », c’est la bouteille à l’encre : une série de groupes « anti-libéraux » se livrent une concurrence féroce pour représenter le « non de gauche » du 29 mai sur des bases réformistes.

Du côté de la direction du PCF mutant, désormais arrimé au PGE, aucune clarification politique n’est à espérer : la seule chose certaine c’est que M-G Buffet ne défendra pas les couleurs du PCF aux présidentielles ; si elle se présente, ce sera au titre du « rassem-blement anti-libéral ». Mais même si les « comité unitaires du non » acceptaient la candidature Buffet, cela ne règlerait rien : M.-G. Buffet a annoncé qu’elle se désisterait au second tour pour « le candidat de la gauche », quel qu’il ou elle soit et sans condition de programme : le PCF n’a donc pas renoncé, pour sauver ses postes électifs (y compris s’il faut pour cela transformer le PCF et son groupe parlementaire en force et en groupe « antilibéraux »), à participer à un gouvernement ou à une majorité parlementaire social-maastrichtiens, avec les résultats qu’on a vus en 2002.

Et surtout, aucune des composantes trotskistes, « mutante » ou « altermondialiste » de la « gauche antilibérale » ne pose la question du CONTENU de CLASSE d’une rupture progressiste avec la politique néo-libérale et la construction européenne du capital. Toutes ces personnalités et organisations, PCF mutant compris, militent pour une « Europe sociale » qui farde de rose la construction en cours d’un Etat européen supranational, anticommuniste, impérialiste et liberticide. Aucune de ces forces ne dénonce sur le fond la cause fondamentale des souffrances vécues par notre peuple et de la fascisation de la vie politique : la domination du grand capital et du pourrissant système capitaliste sur la société.

Dans ces conditions, et quelle que soit la manière dont nous apprécions respectivement les candidatures déclarées ou potentielles, n’avons-nous pas, en tant que communistes hostiles à Maastricht et au capitalisme, un devoir d’unité devant notre peuple ? Même si le caractère de plus en plus antidémocratique de la 5ème « République » nous empêche de présenter un candidat franchement communiste aux présidentielles, ne pourrions-nous pas examiner ensemble s’il est possible d’élaborer et de porter en commun ce que pour notre part nous nommons un « programme-candidat » en menant une campagne unitaire de masse sur un ou plusieurs tract(s) et affiche(s) commun(s) ? Une telle initiative commune pourrait être un puissant encouragement aux luttes et un facteur d’espoir et d’unité pour les communistes et pour tous les progressistes.

Ce programme commun franchement communiste, orienté vers la sortie de la France de l’UE de Maastricht et de Nice, vers la construction d’une nouvelle République sociale, souveraine, fraternelle, populaire, et en perspective, vers la transformation socialiste du pays (nous n’escomptons pas une illusoire troisième voie « démocratique » intermédiaire entre capitalisme et socialisme ; s’articulant à une large intervention populaire, la mise en œuvre de mesures démocratiques permettrait au contraire d’approfondir la lutte de classes et mettrait la classe laborieuse à l’initiative pour mettre en cause le capitalisme dans son ensemble).

Ce programme pourrait selon nous comporter les axes suivants à mettre en débat dans les entreprises, sur les campus et dans les quartiers populaires (il ne s’agit que de PISTES et nous vous prions de ne pas vous arrêter aux formulations) :

A) Marquer d’emblée le changement de cap :
- Annuler toutes les contre-réformes euro libérales UMP et PS (retraites, décentralisation, Sécu, indemnités chômage, plan Juppé, travail de nuit des femmes, travail des moins de 16 ans, privatisations UMP et PS, lois anti-immigrés, mesures instaurant l’Etat policier…).
-  Reconquérir/élargir les acquis de 36 et de 45 : Sécu, nationalisations, statuts et conventions collectives, retraites par répartition, lois antifascistes, mesures pour dégager la presse de l’emprise du capital, etc. ; reconstituer/élargir le secteur public industriel, financier et de services, avec des droits étendus pour les salariés et les usagers ;

B) institutions :
- Reconquérir et élargir la souveraineté nationale et populaire sur les plans politique, monétaire, budgétaire, social… : refuser d’appliquer les directives antisociales de l’UE, abroger les traités supranationaux et néo-libéraux européens jusqu’à sortir la France de l’UE du grand capital ; construire de nouveaux traités internationaux progressistes non limités à l’Europe et fondés sur la coopération (comme l’ALBA en Amérique latine), l’échange égal et le co-développement, soutenir l’Europe des luttes ouvrières, antifascistes, antiracistes et pacifiques ;
- reconquête des acquis laïques, démocratiques et républicains ; séparation rigoureuse de l’Etat et des Eglises ; abrogation de la Constitution antidémocratique de la 5ème République ; proportionnelle à toutes les élections ; interdiction des partis fascistes et racistes et annulation des mesures antidémocratiques des gouvernements maastrichtiens ; développe-ment d’une large démocratie populaire, directe et participative ; droit de vote aux immigrés aux élections locales ; cessation de toute persécution anti-immigrés et régularisation des sans-papiers ; extension des libertés syndicales ; égalité juridique et sociale complète entre les deux sexes ;

C) économique et social :
- Plan démocratique de réindustrialisation du pays, conditionnant la souveraineté économique, le changement social et le rétablissement de la puissance sociale de la classe ouvrière; interdiction des délocalisations ; interdiction des licenciements collectifs dans les entreprises bénéficiaires ; investissement public massif dans la Recherche et l’Université ; droits de contrôle, voire de veto, étendus pour les syndicats et les comités d’entreprise sur les décisions patronales engageant l’emploi ; défense des intérêts des artisans, paysans travailleurs, artisans pêcheurs et petits commerçants de proximité contre les monopoles capitalistes ; défense de l’environnement et du cadre de vie contre les dévastations du profit capitaliste ;
- augmentation substantielle du pouvoir d’achat populaire, salaires, pensions, revenus de substitution, forte relance du logement social et réquisition des immeubles vides propriété des spéculateurs immobiliers ; taxation du grand capital, des profits des grandes sociétés capitalistes, des grandes fortunes ; élimination ou forte diminution des impôts indirects et taxation directe des très hauts revenus ; re-nationalisation à 100% des services publics ; contrôle d’Etat des flux inter-nationaux de capitaux ; mesures de protection ciblées de l’industrie et de l’agriculture nationales en lien avec une politique d’aide au développement pour les pays du Sud ; des moyens massifs pour améliorer les conditions de vie de l’enfance et donner une fin de vie digne au 4ème âge ; amélioration des conditions de travail et punition du harcèlement patronal à l’entreprise ;
- transformation de tous les emplois précaires en emplois stables ; relance massive de l’embauche dans les services publics ; pour une Education nationale démocratique et de qualité pour tous, faisant reculer l’échec scolaire et la ségrégation sociale ; reconstruction de l’Hôpital public ;

G)    international :
-     politique de paix et d’opposition à l’impérialisme quel qu’il soit ; solidarité avec tout Etat et tout mouvement luttant pour l’émancipation nationale, la paix, la démocratie et le socialisme ; 
-      sortie de la France de l’OTAN et de l’armée européenne ; construction d’une armée citoyenne nouvelle avec de larges droits démocratiques pour les appelés ; lutte pour le désarmement ;
-        retrait des troupes françaises d’Afrique et du Moyen-Orient ;
 
Tout cela peut être formulé différemment et n’est énoncé ici qu’à titre indicatif  (il nous a semblé qu’il y avait accord sur ces points entre nous mais c’est à chacun d’en juger) ; tout cela est soumis à la discussion et à l’élaboration collective, chaque organisation restant libre de mener sa campagne sur les thèmes qui lui tiennent à cœur, quelle que soit sa position quant au devenir du PCF (pour notre part, nous jugeons qu’il est devenu impossible de le redresser de l’intérieur mais nous ne dressons aucune barrière entre les communistes encore membres du PCF et ceux qui l’ont quitté ou en ont été exclus de fait).
 
Cette proposition de campagne unitaire sur un programme commun de rupture progressiste, doit être liée à un appel à l’action de classe dès maintenant, car le pire serait de laisser croire que les élections peuvent se substituer à la lutte des classes. Pour notre part, nous défendons la proposition stratégique d’un Front de Résistance et d’Alternative Populaire dont Initiative communiste précise chaque mois la signification.
 
Mais quel facteur d’union et d’espoir pour les communistes si, passant sur tous nos différends, nous parvenions à nous rencontrer et à nous unir pour parler ensemble aux travailleurs et à la jeunesse pendant la campagne électorale !
 
Nous sommes prêts, non pas à organiser, mais à faciliter une table ronde entre tous les destinataires du présent courrier qui manifesteraient leur intérêt. Merci de nous donner, pas trop tardivement, une réponse explicite et bon courage pour cette période si difficile.
  
Très fraternellement,
Pour le PRCF, Hemmen, Landini, Gastaud

Pour nous contacter
J.-P. Hemmen, prcf.predel@wanadoo.fr  , tél. 0322762100
Ou  G. Gastaud, gastaudcrovisier2@wanadoo.fr, tél. 0321424372

(1) Certains groupes nommés ci-dessous peuvent être indisposés de voisiner avec d’autres groupes. Nous savons également que certains camarades se considèrent avant tout comme des organisations du PCF et non comme des groupes constitués ou des « tendances ». Dresser une liste ne signifie pas pour nous procéder à un amalgame et ignorer les différences de statuts et les divergences idéologiques. Cela signifie simplement que
a) Il est honnête d’indiquer à qui nous écrivons : nos critères sont programmatiques, nous nous adressons à toute organisation qui s’affiche pour la rupture totale avec l’UE de Maastricht, qui condamne officiellement la mutation, qui se réclame d’Octobre 17, de Tours et de la lutte pour le socialisme. Nous n’avons pas nous-mêmes à trier a priori entre les destinataires dès lors que notre proposition vise l’unité d’action sur le programme et non (à ce stade et dans ce cadre) une fusion des organisations. Nous n’avons pas par ailleurs la prétention de connaître tous les groupes constitués. Par ailleurs, le présent courrier est adressé également aux camarades F. Huck, syndicaliste de l’agro-ali-mentaire et à H. Martin, bien connu de tous, étant donné le rôle qu’ils jouaient dans la Convergence communiste avant sa mise en sommeil.
b) En revanche, nous n’adressons pas ce courrier à des groupes, membres ou pas du PCF, qui se prononcent pour « l’Europe sociale » et avec lesquels le PRCF ne peut sans contradiction proposer de défendre un programme commun.
Bien que nous pensions que le PCF ne peut plus revenir à une politique communiste, nous pensons que le fait d’appartenir ou non au PCF, de le croire ou pas amendable du dedans, ne doit pas empêcher de diffuser ensemble des idées programmatiques communes. Encore une fois il ne faut pas confondre unité d’action et unité d’organisation.

Introduction : Choisir le sens de l’Histoire
Quelle fin pour l’Histoire ?
Les menaces d’anéantissement que le capitalisme fait peser sur l’humanité nous forcent à nous débarrasser de l’illusion mécaniste selon laquelle « le  sens de l’histoire » serait fatalement celui du progrès social.  La fin du XXème  siècle  nous a montré que l’histoire pouvait, en quelque sorte, faire « demi-tour ».  Faut-il en conclure qu’elle n’a « pas de sens », que tout est possible ? En réalité,  ce que nous pouvons voir aujourd’hui, c’est qu’il y a deux fins possibles, deux sens pour l’histoire (c’est-à-dire, pour un marxiste,  pour l’histoire de la lutte des classes).
La fin heureuse, le « bon sens », c’est la victoire définitive du prolétariat sur la bourgeoisie,  l’avènement mondial du communisme, qui n’est pas un « idéal » brumeux, mais se définit clairement comme société sans classes sociales, donc sans Etat (instrument d’oppression d’une classe sur une autre), sans armée ni police (forces de défense de l’Etat), une société d’abondance où chacun recevra selon ses besoins.
Mais il nous faut reconnaître qu’une autre issue, catastrophique et « insensée » celle-là, la « fin horrible » déjà entrevue par Marx, est tout à fait possible à l’âge thermonucléaire : celle de l’extermination de l’humanité par la guerre entre impérialismes rivaux. Dans les deux cas, la lutte des classes s’arrête, et l’histoire prend fin. Mais force est de constater, alors que des innovations techniques prometteuses, et potentiellement dangereuses, côtoient des retours aux pires obscurantismes moyenâgeux, que l’humanité n’est pas engagée dans la bonne voie. Le sens actuel de l’histoire, c’est la course à l’abîme. C’est pourquoi les communistes, en cherchant à mettre fin à la dictature du capital par la révolution prolétarienne, ne servent pas leurs intérêts propres ni ceux de la seule classe ouvrière: ils travaillent à sauver l’humanité du cataclysme.   
Souplesse et réactivité du capitalisme
La contre-attaque capitaliste n’a bien sûr pas commencé avec la défaite des pays socialistes : elle l’a précédée et provoquée, (aidée en cela, il est vrai, par les graves déviations bureaucratiques du socialisme que nous devons analyser en communistes sans perdre de vue les immenses réalisation des démocraties populaires) avant de s’amplifier.
Elle ne s’est pas non plus développée sur le seul terrain international : la réaction a frappé à l’intérieur de tous les pays capitalistes. En France, la bourgeoisie a contre-attaqué après 68. Ses idéologues, comprenant la justesse des théories de Marx selon laquelle le capitalisme prépare sa propre fin et concentrant la production et en renforçant la classe ouvrière, décida de les faire mentir     en sacrifiant ses grandes unités de production pour détruire les bastions ouvriers, et en faisant monter le chômage pour décourager les luttes.
Là encore, le capitalisme a montré des capacités de résistance et d’adaptation supérieures à ce qu’avaient prévu les révolutionnaires des siècles passés. Il a montré notamment qu’il était prêt à sacrifier la production nationale pour affaiblir la classe ouvrière, ce qui est d’autant moins difficile aujourd’hui que le développement des transports facilite les délocalisations en permettant d’augmenter les profits.
Le découragement menace
Par ailleurs, la crise structurelle du capitalisme s’aiguisant après le répit de la reconstruction qui suivit la guerre, aux prétendues « trente glorieuses » ont  succédé ce qu’on pourrait appeler les «  trente honteuses ». Non seulement le chômage ne cessa de monter jusqu'à des hauteurs vertigineuses, suivant en cela l’évolution de la bourse et des profits financiers, mais les réformes engagées par les gouvernements successifs furent de plus en plus rarement progressistes. Aujourd’hui, quels que soient les partis politiques représentés au gouvernement, chaque projet de réforme est d’essence réactionnaire et vise à nous ramener dans le passé en détruisant une conquête sociale. Brouillant à plaisir la boussole idéologique, le pouvoir qualifie de « modernistes » ceux qui  acceptent ces réformes. Les autres, qui refusent ce retour au passé, sont donc des  «  passéistes » ! Pour défendre sa politique réactionnaire, l’argument de la bourgeoisie est toujours le même :  « On ne peut pas faire autrement ».
Paradoxalement, à l’heure actuelle, la clé du pourvoir pour les bourgeoisies nationales, c’est de « ne pas pouvoir ». Les dirigeants français, allemands, italiens etc. se réfugient derrière les critères de convergence européens et les directives de Bruxelles lorsque les travailleurs en lutte exigent l’arrêt de la casse de la protection sociale, des services publics et de la production nationale. Ils invoqueront aussi la « mondialisation », tout en se gardant bien de préciser « capitaliste » pour masquer son contenu de classe et la présenter comme un phénomène aussi naturel que les tremblements de terre et les raz-de-marée. Les bourgeoisies nationales et les gouvernements qui défendent leurs intérêts ont, certes, encore des marges de manoeuvre dans le cadre des pays qu’elles dirigent. Elles ont tendance à exagérer la force des contraintes extérieures qui pèsent sur elles, et à présenter comme des mesures qui leur ont été imposées nombre de  réformes impopulaires qu’elles ont en réalité appelées de leurs voeux. Cependant, leur impuissance relative n’est pas totalement illusoire : elles ont réellement les mains liées par des accords internationaux de plus en plus contraignants. Mais cela ne diminue en rien leur responsabilité dans les catastrophes qui se succèdent, car à la différence du prolétariat, enchaîné contre son gré à l’exploitation salariale,  au chômage, à l’insécurité sociale ou physique, les bourgeoisies nationales se sont enchaînées elles-mêmes aux commandes des machines libre-échangistes qui laminent les conquêtes sociales des peuples ! 
L’avènement du mode de production capitaliste avait permis l’apparition, sur le plan politique, de la démocratie bourgeoise, qui a certes ses limites et souffre de tares inacceptables, mais représentait un immense progrès sur l’absolutisme royal, par exemple. L’impérialisme pourrissant ne veut plus de la démocratie bourgeoise. Il ne veut plus de démocratie du tout, limitée ou non. Il nous prépare un monde où tout serait décidé par quelques représentants non élus du grand capital mondial.  
Nécessité d’un programme communiste pouvant aider les luttes
Cependant, la « pédagogie du renoncement », dénoncée à juste titre par le PCF dès les années 80, n’a pas réussi, en France notamment, à détruire la résistance populaire, comme le montrent avec éclat les luttes de cette année 2003. Mais ce mouvement de contestation, au contenu partiellement anticapitaliste, manque de perspectives politiques claires. Le gauchissement du discours  de la social-démocratie (responsables actuels du PS, du PCF et des Verts) montre que l’entreprise de récupération des luttes est à nouveau lancée. Ceux qu’elle séduira tomberont dans le piège de l’alternance en  trompe-l’œil,  avant de  s’apercevoir qu’on les a trompés.  D’autres peuvent se demander pourquoi lutter contre la droite puisque la « gauche » mènera la même politique sur le fond, comme l’a suffisamment prouvé le gouvernement Jospin. Tous risquent d’être découragés et perdus à jamais pour l’action. Le rôle politique des communistes dans cette lutte, c’est de montrer qu’il est possible de faire tout autre chose que ce qui s’est fait en France ces trente dernières années.
Les communistes n’ont pas - et n’ont jamais eu, quoi qu’en disent ceux qui calomnient leur histoire pour mieux liquider leur identité - la prétention de tout savoir et de conduire souverainement des masses aveugles et ignorantes. Mais si nous sommes communistes, c’est parce que nous estimons que l’analyse que  Marx et Engels ont faite du capitalisme et de la nécessité de son renversement est juste et éclaire des pans entiers de la réalité qui sans cela restent obscurs ; que la théorie et la mise en pratique de la révolution socialiste de Lénine nous fournit pour l’action des outils précieux dont les autres sont dépourvus. La mutation a conduit la direction du PCF à décréter qu’il ne fallait surtout plus que les communistes prennent la tête des luttes au motif que cela revenait à les « confisquer », et qu’il valait mieux les suivre pour laisser « les gens » décider. Le résultat est inévitable : en raison même de leur absence de perspectives politiques claires, les luttes sont régulièrement dévoyées et confisquées par les sociaux démocrates, ou pire, par les fascistes.
Aujourd’hui, aux congrès du PCF on n’élabore même plus de programme ! Là encore, le prétexte est que les « textes clés en mains » sclérosent la pensée et l’action,  que le « mouvement social » doit trouver lui-même ses propres perspectives etc. Tous les militants politiques auraient un programme à défendre, sauf les communistes ! Le propre du communiste, ce serait ne n’avoir aucun programme et de dire aux travailleurs en lutte : « Vous voulez un programme : très bien ! Faites-le vous-mêmes ! »  Nous affirmons, quant à nous, que l’existence d’un véritable programme de résistance et de contre-offensive populaire est indispensable pour donner aux luttes la perspective révolutionnaire qui leur manque.
Qu’est-ce qu’un programme communiste dans la France d’aujourd’hui ?
Ce programme ne doit pas sortir tout armé des ouvrages théoriques, bien entendu. Il doit d’abord partir des luttes en cours contre les tentatives de mainmise totale du capital sur la société. Ce texte ne peut être aussi détaillé et chiffré que celui que pourrait élaborer le véritable Parti communiste qui manque cruellement à ce pays, et que nous n’avons nullement la prétention d’être aujourd’hui. Mais il ne s’agit plus pour autant de tracer de simples « pistes de réflexion » : la renaissance communiste suppose un véritable travail programmatique, qui s’affinera à mesure que recommencera d’exister le Parti révolutionnaire issu du Congrès de Tours. Il ne s’agit pas non plus de renier les enseignements colossaux de Marx, Engels et Lénine sous prétexte que quelques faux modernes les ont déclarés caducs sans jamais démontrer cette affirmation, ni proposer autre chose à la place que les vieilles recettes réformistes.
La société communiste pour laquelle nous nous battons n’est accessible qu’à plus ou moins long terme, et après une période de transition socialiste, où l’appareil d’Etat dépérit. Il importe de rappeler ces évidences alors que pendant des années, des réformistes déguisés en marxistes ont répété qu’il était idéaliste et non marxiste de se proposer un but précis, et que l’essentiel, c’était le mouvement (ce qui est l’exacte théorie de Bernstein, théoricien  réformiste du... XXème siècle!).
 Cette étape socialiste elle-même ne peut être atteinte directement dans la France de 2003, la situation n’étant à l’évidence pas révolutionnaire. Les luttes en cours sont des luttes défensives. Si leur contenu est partiellement anticapitaliste, elles ne visent pas pour l’instant à abattre le capitalisme, mais à l’empêcher de laminer toutes les conquêtes sociales et de boucher toutes les perspectives d’avenir. Les communistes doivent bien sûr participer à ces luttes,  mais pour être « un pas en avant des masses », il leur faut aussi montrer qu’elles ne peuvent espérer la victoire dans le cadre du traité de Maastricht, qui impose l’économie de marché (c’est-à-dire le capitalisme) comme horizon indépassable de toute activité humaine. Il en va de même des instances supranationales mondiales que sont l’OMC et le FMI.
Agir en communiste, c’est oser dire qu’il faut commencer par sortir de l’Europe de Maastricht, qui constitue l’actuel maillon faible de la chaîne impérialiste. Cette Europe en construction n’est pas stabilisée, de terribles contradictions la traversent sur des questions économiques, monétaires et diplomatiques essentielles. Il faut profiter de cette période de faiblesse relative du pôle impérialiste européen naissant. Après, il sera beaucoup plus difficile de l’attaquer efficacement. Par ailleurs, il serait illusoire de  vouloir retrouver la souveraineté nationale en sortant de Maastricht sans quitter également les structures supranationales mises en place au niveau mondial, et dont la fonction actuelle est de servir les intérêts des USA tant que l’Europe n’est pas assez forte pour disputer à ces derniers les leviers de commande de l’OMC et du FMI. La première partie du programme traitera des mesures d’urgence qu’il faudra prendre pour sauver l’Etat  national   et  les  conquêtes sociales  réalisées  dans ce cadre.  Les  communistes devront constituer, afin de mener à bien cette tâche, un front de gouvernement large regroupant tous ceux qui, marxistes ou non, sont sincèrement attachés aux valeurs de la Révolution Française et de la Résistance et au progrès social, et soucieux d’éviter la dictature ouverte du capital et le naufrage complet de la démocratie bourgeoise.   
Il ne s’agit bien sûr pas d’isoler la France et de chercher une illusoire autarcie alors que le capitalisme n’a pas attendu la « mondialisation » pour intriquer étroitement les unes aux autres les économies capitalistes développées. En réalité, sans la France, la construction maastrichtienne de l’Europe devient extrêmement difficile. Un fois l’édifice européen ébranlé, la perspective d’une « autre Europe », progressiste celle-là, que nous font miroiter les « euroconstructifs », s’ouvre réellement, ainsi que des possibilités de mise en difficulté sérieuse du capitalisme, et, à terme, de marche au communisme. Bref, la situation peut rapidement devenir révolutionnaire en Europe. C’est d’ailleurs de cette question de l’extension de la révolution que traitait Marx quand il écrivit : « Le communisme n’est pas un modèle sur lequel la réalité devra se régler, c’est le mouvement réel qui abolit l’état existant. »  Les liquidateurs du communisme  ont tiré cette phrase de son contexte pour tenter de ramener le mouvement ouvrier dans l’ornière réformiste en faisant dire à Marx la même chose que Berstein : « Le but final n’est rien, le mouvement est tout ». La meilleure réponse à cette escroquerie idéologique, c’est la mise en pratique contemporaine de la théorie marxiste sur ce point, et aujourd’hui, le « mouvement réel qui abolit l’état existant », c’est d’abord le combat résolu contre les traités d’intégration capitalistes européens.
Toujours en veillant à maintenir un  front large tout en le radicalisant dans le sens de l’anticapitalisme, il faudra réduire les inégalités les plus criantes engendrées par le capitalisme français (rendre Bruxelles responsable de tous les maux serait absurde), et travailler à reprendre la marche en avant du progrès social et pour préparer la révolution, c’est-à-dire la rupture franche avec le capitalisme et le passage au socialisme. Il faudra pour cela renforcer la classe ouvrière et en diminuant les possibilités d’intervention du capital dans la société française, ce qui provoquera inévitablement de la part des capitalistes les plus grands efforts pour faire triompher les forces les plus réactionnaires et rendra nécessaire l’expropriation du capital. Si le présent programme envisage des étapes pour parvenir à cette rupture, il reste fidèle à la théorie marxiste selon laquelle cette rupture elle-même  ne se fait pas par étapes : il y a un « avant » et un  « après » : avant, c’est l’état bourgeois et le capitalisme, après, c’est l’état ouvrier et le socialisme. Les considérations sur la « mixité à prédominance sociale » et autres contes réformiste n’ont pas cours ici.. Certains ont tenté, pour brouiller les pistes,  d’opposer « dépassement » du capitalisme et « abolition » du capitalisme, toujours en privilégiant la première notion au détriment de la seconde et faire croire que « dépassement » sous-entendait, là encore, mouvement progressif et sans rupture. En réalité, le terme allemand  « Aufhebung », qui nous vient de Hegel et signifie à la fois, dialectiquement, « conserver » et « supprimer », a été repris par Marx pour montrer qu’il fallait partir des progrès que le capitalisme avait permis  à l’humanité (démocratie bourgeoise,  socialisation de la production...) pour réussir à abolir ce qu’il y a d’inacceptable en lui (propriété privée des moyens de production, dictature du capital...). Il est paradoxal qu’à l’époque où l’impérialisme comme stade suprême du capitalisme (Lénine) est en train d’effectuer  progressivement son propre « dépassement » réactionnaire de l’âge capitaliste classique en abolissant tous les germes progressistes dont le capitalisme était porteur, de prétendus « révolutionnaires » s’inscrivent dans ce mouvement de dépassement progressif pour parvenir, on ne sait comment, au communisme ! Tout montre aujourd’hui que, conformément à la théorie marxiste, la seule manière de préserver les aspects progressistes du capitalisme, c’est de le supprimer le capitalisme! 
La dernière partie du programme concerne le socialisme que nous entrevoyons pour la France, à la lumière des textes théoriques, mais aussi et surtout des succès et des échecs des pays socialistes, et des possibilités du monde actuel. 
Conception d’ensemble de ce programme
Le plan choisi est chronologico-thématique, c’est-à-dire qu’il traite thématiquement des différents problèmes qui se poseront à chaque étape prévisible de la marche au socialisme, dans l’ordre où elles se présenteront vraisemblablement. Il ne faut pas le lire comme un tableau de marche impératif : selon le contexte certains des points de ce programme peuvent être mis en pratique dans une ordre différent de celui initialement prévu. Mais l’essentiel n’est pour l’instant pas là : c’est de partir des luttes en cours avec l’objectif, de rester dans le « bon sens » de l’Histoire, c’est-à-dire,  d’une manière ou d’une autre, de faire tomber tous les « dominos » jusqu'à la victoire finale sur le capitalisme.
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus