Recevoir le Programme PRCF et le "Programme-candidat" chez vous...
email : cercle.lenine@alicepro.fr avec vos noms, prénoms et adresse postale
ou par téléphone : 03 21 45 41 88
Jean-François Maison, secrétaire de la section de Lens du PRCF, membre du comité départemental du Pas-de-Calais
Je voudrais d'abord souligner qu'il n'y a pas de programme départemental sans programme national et en particulier comme cela a été maintes fois répété au long de cette journée sans plan d'industrialisation et d'aménagement du territoire susceptible notamment de garantir à l'échelle de la France un "équilibrage" des industries et des services.
Mais en même temps, pour paraphraser Jaurès, j'ai envie de dire que "si un peu de patriotisme populaire éloigne du local, beaucoup l'y ramène". Ainsi nous faut-il défendre bec et ongles la notion même de département issue de la Révolution de 1789.
Car, à l'unisson, tous, des maastrichtiens de l'UMPS aux Verts, veulent comme le disait déjà il y a quelques années Noël Mamère "substituer au triptyque état/département/commune celui de l'Europe/région/communauté d'agglomération". En éloignant ainsi les centres de décision de la vie communale, qui veut nous faire croire ensuite à davantage de démocratie participative et de proximité?
C'est en fait la région, créée uniquement pour engendrer l'Euro-région qui s'est vue progressivement confier de plus en plus de prérogatives en matière économique, de transport, d'environnement et d'aménagement du territoire, et ceci au détriment du département.
Tout ceci pendant que dans le même temps, les communautés d'agglo et les communautés urbaines permettaient des regroupements supra communaux où, premièrement, les plus grosses communes font désormais la loi (à la CALL de LENS, l'implantation lensoise du Louvre commence déjà à absorber tous les budgets communs liés à la culture, à l'environnement...) et où, de surcroît, les CALL et le CU s'entendent entre elles, avec la bénédiction de la région et dans le contexte de création des eurodistricts pour redistribuer les cartes au profit des europoles espérées par l'Europe capitaliste.
Ici, l'axe LILLE-LENS ressassé par la municipalité lensoise n'a en fait pour but que de favoriser la vitalité industrielle de LILLE en "pompant" la classe ouvrière sans travail du bassin minier tout en faisant simultanément d'une ville comme LENS une cité-dortoir pour les cadres lillois.
Que du bénéfice pour la bourgeoisie et sa stratégie de désindustrialisation du bassin minier ! C'est ce contexte antidémocratique qui favorise la désindustrialisation de notre département.
Depuis la rentrée, plus de 200 emplois ont été annoncés comme perdus dans le secteur de LENS. Rappelons que Métaleurop est à 15 kilomètres de Lens et que désormais, de lourdes menaces de délocalisations pèsent sur l'activité de la Française de Mécanique à DOUVRIN (4000 salariés) et sont déjà devenues une réalité rampante à la Verrerie d'ARQUES (plus de 10000 salariés qui délocalise vers la … Russie !).
Ce serait donc maintenant au tour de la métallurgie, dernier gros employeur du Pas-de-Calais (sachant aussi que Renault Douai est à 30 kilomètres) d'être sacrifiée par et pour l'Europe capitaliste après le triple sabotage de l'exploitation charbonnière et de la sidérurgie (inaugurant l’UE au travers de la funeste Communauté Européenne Charbon Acier de 1951) ainsi que du textile... excusez du peu! On se souvient notamment chez nous des centaines de bus emmenant dès trois heures du matin les ouvrières du bassin minier travailler dans les filatures de LILLE-ROUBAIX-TOURCOING : à la surexploitation d’antan a succédé la flexibilité et l’exclusion d’aujourd’hui !
Nous disons bien sabotage car encore une fois, sur les bases avancées tout au long de cette journée d’études, il est clair que ces productions locales majeures peuvent reprendre:
- des milliards de tonnes de charbon restent à gazéifier dans le sous-sol du Nord-Pas-de-Calais, non pas par le patronat privé comme cela revient en force aujourd'hui, mais bien sous l'égide d’une entreprise « Energie de France » reprenant le flambeau de Charbonnages de France dans le cadre d’un pôle énergétique public unifié,
- à DENAIN, dans les années 70, tournaient les hauts-fourneaux les plus modernes du monde: un savoir-faire y est donc inscrit autour de cet enjeu devenu crucial qu'est la production de l'acier, que les capitalistes et leurs média présentaient comme « obsolète » en 1984 (merci Fabius, qui était alors premier ministre et se vantait de « faire le sale boulot » en remplaçant l’Acier et le charbon français par… Eurodisneyland !) ;
- l'industrie textile peut elle aussi redémarrer ici, en lien avec les capacités de production agricole importante du 62 ( et ses produits intermédiaires) associées au renouveau du charbon. Naturellement, il faut pour cela utiliser au mieux les capacités de la main-d’œuvre industrielle de France ;
- il nous faudra aussi renationaliser les ports et les aéroports et relancer leur activité là encore à partir d'une souveraineté nationale retrouvée et de capacités d’exportation qui sont actuellement plombées par l’ « euro fort » et le taux de change déséquilibré avec le dollar : CALAIS (voyageurs) et BOULOGNE (pêche) peuvent devenir des moteurs industriels de premier plan pour le Pas-de-Calais.
Un seul chiffre: depuis MAASTRICHT, BOULOGNE a perdu 2/3 d'activité en terme de tonnes débarquées !
Ici, comme ailleurs, rien ne sera donc possible sans que ne soit engagées en même temps une planification nationale et une réelle décentralisation socialiste passant centralement par une véritable décentralisation démocratique de l'économie, c'est-à-dire par une participation des travailleurs en tant que tels dans tous les lieux décisionnels de la vie sociale.
Ca n'est qu'à cette condition, permettant aussi de dynamiser les coopérations intercommunales, interdépartementales et internationales, que nous pourrons encore une fois ici comme ailleurs:
-arrêter la casse des services publics : en matière de santé (le 62 est en situation de détresse sanitaire); en matière d'éducation (la quasi-totalité des établissements du 62 pourrait être classée en ZEP, à condition de redéfinir ce concept, les universités d'Artois sont en train d'être regroupées permettant de moins en moins à des jeunes d'origine populaire d'accéder aux études supérieures dans le 62); concernant la Poste : en ce moment, dans les trois plus grosses villes du secteur les bureaux sont fermés ou quasiment inaccessibles dans le cadre d'une rénovation voulue par BRUXELLES pour accélérer la mutation de notre service public en banque,etc
- arrêter la casse du transport ferroviaire de passagers et de marchandises de plus en plus eurorégionalisé: rouvrir et entretenir les petites gares et les petites lignes, stopper net la privatisation rampante du fret telle qu'elle commence à voir le jour notamment sur le littoral.
L'enjeu s'avère d'autant plus crucial, sur le plan politique, économique, mais aussi écologique, au vu de la vampirisation par les autoroutes que connaît notre département de par sa situation géographique.
C'est aussi le défi d'une véritable politique de transport fluvial, le réseau des canaux étant ici particulièrement important vu la proximité avec la BELGIQUE et les PAYS-BAS.
- arrêter , ici comme partout en France , la déliquescense du logement social ( manque de logements , manque d’entretien et de vie de quartier).
Renationaliser la gestion de l’habitat minier(70 000 logements !) pour qu’il devienne du logement social de qualité ; obtenir le remboursement à 100% des sommes payées par le Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais qui a honteusement acheté de racheter au prix du marché le logement minier en imposant une augmentation des impôts locaux nécessaires pour payer les emprunts occasionnés par ce rachat (c’est à l’époque où Yves Coquelle est devenu sénateur « PCF » du Pas-de-Calais avec la bienveillante neutralité du PS que ce « donnant-donnant » a été bizarrement conclu par le PCF 59/62 avec le PS…) ;
- en ce qui concerne l'environnement et l'énergie, la centrale nucléaire de GRAVELINES toute proche de notre département pose comme partout la question de notre indépendance énergétique nationale.
Sans trancher aujourd'hui le débat, réaffirmons tout de même au final que seule une société adulte et responsable ayant banni l'exploitation de l'homme par l'homme et mis fin à la suprématie du profit sur l’ l'humanité et son avenir (pour nous une société socialiste marchant au communisme) est à même de garantir un nucléaire sans danger.
Par ailleurs notre géographie (plaines, collines littorales) favorise également certaines énergies alternatives (éoliennes).
- rappelons aussi que le Pas-de-Calais est le département le moins boisé de FRANCE et que ceci est à mettre directement en rapport avec une agriculture de plus en plus intensive et l'appropriation de plus en plus massive des terres par les plus gros agriculteurs (notamment céréaliers et plus toujours français).
- concernant le potentiel touristique du 62 et notamment la Côte d'Opale, il nous faudra au plus vite mettre fin à l'achat du foncier par la bourgeoisie européenne (très présente aussi dans l'Hesdinois) et retravailler à la mise en place d'un véritable tourisme populaire de proximité (un axe bassin minier - Côte d'Opale existait très fort du temps des houillères).
-A partir des besoins exprimés par les travailleurs et le peuple , revenir à une culture populaire , à la fois participative mais aussi pédagogique .
Dans le cadre d’une défense acharnée de la langue française , il nous faudra faire revivre le patois local.
Voilà autant d'éléments rapportés ici trop sommairement mais qui montrent l'étendue des problèmes qui nous sont, à moyen et long terme,d'ores et déjà posés.
Cependant dès aujourd'hui, face à la casse de l'industrie, de la pêche, de la petite agriculture, des services et du travail en général dans le 62, la Renaissance Communiste lance l'idée d'une journée non pas "département mort" comme l'ont vaillamment mais pathétiquement organisée nos voisins ardennais mais d’une journée "CH'TI EN RESISTANCE".
Pour qu'à partir des perspectives définies ensemble aujourd'hui et, tellement indispensables pour lutter, chacun ce jour-là, jeune, artisan, salarié, commerçant, pêcheur, agriculteur, artiste, résiste spectaculairement à sa manière, en bloquant le plus possible l'outil de production… et le tiroir-caisse du grand patronat destructeur de notre département ouvrier.
L'application de ce programme pour le 62, bien évidemment encore en élaboration, reste pour nous , dans le cadre incontournable d'une rupture de notre nation, de notre peuple avec le capitalisme et son Union européenne de malheur, unique condition concrète pour que les jeunes et les moins jeunes ch'timis puissent espérer enfin « vivre et travailler au pays ».
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||