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Une fois les conquêtes sociales préservées dans le cadre national, il faudra aller plus loin.. D’abord parce que pour passer au socialisme, un certain degré de développement et une classe ouvrière forte sont des atouts précieux. Le véritable début de « tiers-mondisation » qu’a subi la société française, l’affaiblissement de la classe ouvrière de ce pays (qui compte tout-de-même encore près de 6 millions de « cols bleus » au sens le plus étroit du terme), ont précarisé ou marginalisé une grande partie de la population, pratiquement perdue pour les luttes à l’heure actuelle. Ensuite, il est plus facile pour les communistes de poursuivre leur politique d’alliances en commençant à redistribuer les richesses et à le revivifier tissu social dans le cadre capitaliste. Mais il serait illusoire de croire que la vraie justice sociale est possible sous le capitalisme ! La résistance inévitable et dure du capital aux mesures de progrès social montrera a contrario, à tous nos alliés conséquents, la nécessité de passer au socialisme ensuite.
1) Viser la disparition du chômage
a)
Relance de la production en France
Redémarrage des productions sabotées par le capital et ses intérêts financiers, dans l’industrie et dans l’agriculture. Relance géographiquement équilibrée, notamment de l’industrie lourde
(chimie, métallurgie), de l’industrie textile par la participation de l’Etat. Arrêt des aides financières publiques à des entreprises privées sans droit de regard et d’intervention de l’Etat dans
leur gestion. Versement des allocations chômage tant que le travailleur privé d’emploi n’aura pas retrouvé une embauche équivalente à sont précédent travail
Dénonciation des concessions d'exploitation accordées à des sociétés étrangères, et création d'entreprises sous propriété nationale, démocratiquement constituées et contrôlées par leur
propriétaire, la Nation, pour exploiter toutes les ressources de notre sous-sol qui nous sont nécessaires (cela éviterait par exemple que se renouvellent des vols comme celui du minerai de fer
lorrain commis à grande échelle par les capitalistes franco-allemands, au moyen de galeries forées à partir de puits sarrois, alors même que les voleurs obtenaient, du reste très facilement, du
gouvernement à leur service la fermeture des mines de Lorraine).
b) Développement des entreprises et services publics
Renationalisations sur les bases des nationalisations de 1945. 100% du capital des services publics à l’Etat, y compris pour les ex-sous-traitants privés. Nationalisation de tout le système
bancaire et de crédit, des compagnies d’assurance, du réseau de distribution de l’eau, des firmes d’armement, de tous les monopoles et secteurs-clés de l’économie sans indemnités pour les gros
actionnaires. Indemnisation des petits et moyens actionnaires sur la base de leur acceptation des nouveaux critères de gestion qui régiront alors les entreprises publiques. Création de tous les
emplois statutaires nécessaires au bon fonctionnement des services publics. Obligation de fonctionnement de tout le secteur nationalisé selon des critères de service public, de qualité et bon
marché, et non de rentabilité financière pour éviter les nationalisations en trompe-l’œil des années 80. Gestion démocratique des entreprises publiques associant à tous les niveaux, de manière
tripartite, le représentant de l’Etat, des usagers et des salariés ; Gratuité totale des soins. Développement des transports en commun. Aide aux régions sous-développées.
2) Vers la démocratie sociale
a)
Répartition plus équitable des richesses
Suppression de l’avoir fiscal, de la TVA, de la plupart des impôts indirects. Relèvement des taux d’épargne populaire. Augmentation
dégressive des salaires au bénéfice des revenus les plus modestes. Suppression des revenus parasitaires de la bourgeoisie : jetons de présence, frais généraux, commissions, dividendes etc.
Augmentation du montant des pensions et allocations. Interdiction des zones franches. Baisse des loyers. Ecart des revenus de 1 à 5 après impôt.
b) Renforcement des droits des travailleurs
Garantie et amélioration des conventions collectives et des statuts. Droit à la formation continue sur le temps de travail. Droit d’organisation et d’expression des partis
politiques sur le lieu de travail. Elargissement des attributions économiques et sociales des Comités d’Entreprise, donnant aux salariés un droit de contrôle effectif sur les orientations, le
fonctionnement, les résultats et les comptes de l’entreprise. Interdiction des discriminations sexistes et racistes dans l’embauche, la progression de carrière et le salaire : la
reprise de la marche à l’égalité de l’homme et de la femme, notamment, passe par l’égalité de salaire pour le même travail, sans laquelle toutes les mesures comme la parité des élus ne sont que
des leurres. Intégration des crèches dans les entreprises.
c) Une école de qualité pour tous
Triplement de la contribution des employeurs à la formation initiale. Plafonnement des effectifs à 20 élèves par classe. Renforcement des horaires des disciplines fondamentales dans
le secondaire, notamment en Français. Enseignement de la philosophie en seconde. Enseignements artistiques (musique et arts plastiques) obligatoires jusqu’au bac et au brevet d’études
professionnelles, et horaire porté à trois heures hebdomadaires dans ces disciplines, sauf dans les filières spécialisées. Horaire hebdomadaire de l’EPS porté à cinq heures. Allongement
d’un an de la durée des études secondaires pour permettre aux élèves de suivre tous le enseignements optionnels souhaités sans trop alourdir leur emploi du temps. Multiplication des passerelles
pour faciliter les réorientations. Elaboration des programmes en réelle concertation avec les enseignants. Formation éveillant l’esprit critique quelle que soit la voie choisie. Lutte contre le
formatage de la pensée quelle que soit la voie choisie, et tout particulièrement dans les études de journalisme, de droit, dans la formation des policiers et des militaires. Encouragement
de la recherche pédagogique libre, de l’innovation pédagogique et du travail en équipe sans que cela soit prétexte à imposer une pédagogie officielle, à dévaluer la transmission des connaissances
ou le compétences disciplinaires. Sur la base des connaissances en sciences sociales et psychologiques, la réflexion sur l’éducation des enfants, la vie sexuelle et affective, sera enseignée aux
jeunes gens dans le cadre de leur scolarité secondaire. Des services d’aide psycho-pédagogique aux parents seront créés ou développés. Le travail scolaire sera valorisé. Un service public de
qualité sera mis à la disposition des enfants et adolescents autistes. Valorisation de l’engagement civique, politique, syndical, collectif et associatif au même titre que l’autonomie et l’esprit
d’initiative. La mémoire, la protection du patrimoine culturel, la diffusion des connaissances scientifiques, le respect dû à la Résistance antifasciste et aux combattants du progrès social, la
connaissance critique de l’histoire nationale et mondiale, la mise en valeur du travail et des travailleurs seront encouragés et serviront de points d’appui pour développer le goût des jeunes
générations pour la paix, la justice, l’égalité, le progrès, la création, le travail, le bonheur, la solidarité humaine et la liberté.
d) Démocratisation des soins et du système de santé, amélioration de la protection sociale
Gratuité des
soins. Prise en charge progressive de la totalité des soins des vieillards dépendants. Mise en place d’un service public (maisons de retraites médicalisées et soins à domicile) sous
responsabilité publique et nationale. Visite médicale gratuite mensuelle pour tous. Développement de l’hôpital public, avec allocations de toutes les ressources nécessaires en effectifs,
matériels et financements. Plan national, en concertation avec les syndicats de médecins, les universités et les syndicats étudiants, pour la formation et l’installation de milliers de médecins
et de professionnels de santé dans les régions et les spécialités déficitaires. Nationalisation de l’industrie pharmaceutique et des autres complexes médico-industriels. Passage des congés de
maternité à six mois. Développement de la Protection Maternelle Infantile. Création de toutes les places nécessaire en crèche. Election démocratique des caisses de Sécurité Sociale et organismes
équivalents, uniquement constitués de représentants élus par les salariés.
e) Politique de logement favorable aux classes populaires
Suppression de l’aide de l’Etat aux logements de luxe et augmentation des aides à la construction de logements sociaux. Des centaines de milliers de logements sociaux seront construits ou
rénovés. Interdiction de la spéculation immobilière chassant les travailleurs des centres-villes. Réquisition des logements vides et immeubles de standing attribués aux travailleurs pour des
loyers modiques. Relèvement de l’APL. Emprunts à faible taux pour l’accession des familles modestes à la propriété. Exonération des offices HLM de toute taxe. Contribution des compagnies de BTP
au financement des travaux dans le logement social. Loi imposant la transparence dans la passation des marchés. Les architectes doivent redevenir indépendants des entreprises de bâtiment. Normes
de qualité pour les HLM et interdiction de construction de grands ensembles risquant d’évoluer en ghettos. Plan national de construction des équipements et services sociaux nécessaires dans les
cités populaires. Représentation majoritaire des locataires dans les conseils d’administration des organismes de gestion des logements populaires. Développement d’un nouvel urbanisme au service
du peuple et du lien social (création de places, d’espaces favorisant la rencontre et le débat). Nationalisation, départementalisation ou municipalisation (selon les cas) de tous les lieux
d’accueil pour le tourisme populaire (campings, VVF, gîtes etc.). Baisse et indexation des prix de séjour sur les revenus.
f) Développement des transports en commun, amélioration des conditions de travail des salariés du transport
routier
Politique de renforcement du rail au détriment de la route : ouverture de lignes nationales, régionales et de banlieues en nombre suffisant, à partir d’études sur les besoins des usagers.
Développement du ramassage par bus et cars. Politique tarifaire rendant les transports en commun accessibles à tous. Développement réel - c’est-à -dire ne portant pas sur des proportions
symboliques du flux de marchandises - du ferroutage, de manière à réduire de moitié au moins le transit des poids lourds. Nationalisation des autoroutes. Réhabilitation de la circulation par voie
navigable, limitation de la circulation des poids lourds à un réseau limité d’axes dédiés. Amélioration substantielle des conditions d’emploi, de salaires et de travail des salariés de la route
et des camionneurs indépendants.
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